Vendredi 12 novembre 9h15, 10h30 et 14h30 • Le petit vélo

« Cinq musiciens au m2 »

Par le piano ambulant.

Spectacle musical (à partir de 6 ans)

Séances scolaires

Mettez cinq musiciens dans une pièce. Secouez. Observez.
Sur la musique hallucinée d’Alfred Schnittke, la compagnie du Piano Ambulant entre en piste.
S’inspirant des appartements communautaires de l’ère soviétique, les cinq musiciens se retrouvent dans une cohabitation forcée.
Du tragique au cocasse en passant par l’absurde, cette situation génère des sketchs comme autant d’entrées de cirque. 
Avec son grain de folie habituel, Le Piano Ambulant s’empare des partitions flamboyantes du compositeur russe Schnittke, faites de juxtapositions et collages, pour les redéployer avec impertinence. 
Dans une époque où chacun sait tout sur son voisin sans même le connaitre, le spectacle interroge nos (in)capacités à vivre ensemble, à préserver notre intimité et notre individualité.
Une tragi-comédie musicale pour petits et grands.

Distribution :

Musique : Alfred Schnittke

Mise en scène : Claire Truche
Transcriptions : collectif Le Piano Ambulant
Texte : Claire Truche

Avec :
Sylvie Dauter : piano, synthétiseurs
Christine Comtet : flûte, piccolo, synthétiseur
Antoinette Lecampion : violon, synthetiseur
François Salès : hautbois, tambour
Joël Schatzman : violoncelle, basse électrique

Création lumière : Emmanuel Sauldubois
Création costume : Céline Pigeot

Avec l’aide de la Spedidam, l’Adami et la Drac Auvergne Rhône-Alpes

Interroger les identités multiples

Au travers de ce kaléidoscope sonore à l’expressivité flamboyante, la compagnie souhaite interroger l’architecture complexe de nos identités, vraie pour tout un chacun mais plus encore pour les individus tels Schnittke confrontés au multiculturalisme, à l’entrelas des langues, des pays, des religions…
Comment se construit-on : par la mise en contact douce ou rugueuse à autrui, l’accumulation d’expériences, l’infusion lente de certains paysages, géographiques et relationnels ? Comment l’individu arrive-t-il à s’assurer la conviction d’un moi intime suffisamment stable ? Comment réussit-il à inscrire sa personnalité irréductible dans le fracas du monde, à le goûter tout en s’en protégeant ?
De combien de mues, de masques brandis puis abandonnés, d’idoles et de figures détestées, de blessures plus ou moins bien cicatrisées sont faites nos évolutions ?

Le modèle de la kommunalka
« La musique de Schnittke laisse toujours croire que l’on écoute Berg pendant que le voisin du dessus écoute Schubert ».

La cohabitation folle des esthétiques propre à la musique d’Alfred Schnittke nous a conduit à  interroger cette invention si particulière à l’union soviétique : l’appartement communautaire, la « kommunalka », qui imposait cohabitation à des individus que rien ne liait. Vaste terrain d’expérimentations musico-théâtrales où le tragique croise le cocasse.
Les soviétiques vivaient ainsi, regroupés par la milice, sans considération pour les tragédies que cette promiscuité forcée pouvait engendrer. Un mari divorcé et remarié pouvait vivre dans la chambre voisine de son ex-femme. Un cinéaste pouvait se retrouver contraint de s’enfermer des heures durant dans la salle de bain pour trouver le calme nécessaire à son travail.
La cuisine collective qui était le lieu des retrouvailles et des  fêtes, comme celui où s’exprimaient les craintes les plus angoissées : casseroles verrouillées avec un cadenas pour ne pas se faire voler ni empoisonner, oreilles attentives aux malheurs de ses voisins pour en tirer profit…
Riches en figures contrastées, les  kommunalka offraient toute la palette des comportements humains : nobles déchus ressassant leur grandeur passée, alcoolique qui réveillait tout le monde au milieu de la nuit, ou encore un indic prêt à dénoncer celui qui invitait son amoureuse dépourvue d’autorisation de résidence.
La kommunalka, sur une scène de théâtre se comporte comme un résonateur de nos questionnements contemporains : choc des cultures, des religions, des origines sociales ; confrontation entre celui qui possède (encore) quelques objets, quelques meubles, et celui qui n’a que de quoi survivre. La kommunalka, en exacerbant les caractères, offre aussi un terrain propice au burlesque produisant une mise en jeu accessible à tous.
Le Piano Ambulant, avec la complicité de la metteuse en scène Claire Truche, sera à nouveau à la recherche de ce qui relie le travail de l’acteur et celui du musicien.
Du tragique au cocasse en passant par l’absurde, toute une humanité concentrée dans douze mètres carrés.
Quelle musique mieux que celle de Schnittke pouvait exprimer les sursauts chaotiques d’une confrontation à l’altérité ?